BAYEUX, Hôtel du Croissant

Malraux - Monuments Historiques - BAYEUX (Avant-Première) - 51, Rue Saint-Jean - Résidence de l’Hôtel du Croissant - 14400

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Fiscalité MALRAUX / MONUMENT HISTORIQUE

L’architecture du batiment

La bâtisse exterieure

L’ensemble de la bâtisse adopte le plan en L dont la construction s’étale du XIVe au XXe s. sans pouvoir identifier avec précision si sa destination initiale fut d’utilité agricole et/ou d’une résidence seigneuriale.

La juxtaposition des ajouts successifs se fait dans le désordre dû à un soucis de respecter les droits de chacun ; nous savons que la propriété acquise est sacrée donc inviolable : pas de maisons détruites et/ ou rasées et reconstruites. C’est la raison pour laquelle l’Hôtel du Croissant a connu des nombreuses phases de bâti qui se succèdent du début du XIV e s. jusqu’au au XXe s. 

Cette demeure s’impose au regard par la verticalité de la tour car- rée de quatre étages, signe de pouvoir, et qui impressionne par l’élévation inhabituelle et la symétrie des fenêtres.

Tout comme les tours des autres demeures bayeusaines, elle abrite un escalier assez large, rampe-sur-rampe, qui caractérise l’influence de la Renaissance. Il dessert les niveaux supérieurs de la bâtisse et il est composé de marches, portant noyau, scellées.

La tour carrée, légèrement plus étroite à sa base, elle s’élargit à par- tir du deuxième niveau grâce aux « trompes caennaises » situées de part et d’autre de ses murs d’élévation.

Ce dispositif servait, soit au passage du plan polygonal au plan carré, soit à l’élargissement des tours et il caractérise la quasi-tota- lité des constructions médiévales et post - médiévales de la région de Caen, Bayeux et Falaise. 

Un linteau à l’une des fenêtres du bâtiment, situé près de l’entrée, porte un décor d’arc en accolade torsadé datant de la fin du XVe

  1. Au centre de ce décor, un blason, à ce jour non identifié, est sculpté, sur lequel figure un « croissant montant », les cornes vers le haut, et trois besants ou étoiles à sept raies.

En France, dans l’héraldique communale, le croissant représente la lune et il est normal de la représenter sous cette forme.

Cependant, on ignore la raison pour laquelle le croissant a été choisi comme figure héraldique. Peut-être est-ce la raison de l’in- fluence inquiétante que la lune semble exercer sur l’esprit humain. Malheureusement l’absence d’émaux ne permet pas une lecture héraldique appropriée.

En outre, nous savons que à partir du XVe s. les blasons sont popularisés et de nombreux bourgeois, artisans, anoblis ou non, possèdent leur blason aux « armes parlantes » c’est-à-dire des fi- gures qui représentent un élément de la personne qui les porte et/ ou leur métier. Il est fort possible que ce blason ait donné son nom à la voie publique et à l’Hôtel qui en est l’ornement.

A l’intérieur, nous avons observé quelques ouvertures à chambranle sculpté, donnant accès à des pièces dont l’état délabré ne permet aucune lecture des murs.

 

Note archéologique

1-

Le diagnostic a permis d’éclairer la chronologie de deux bâtiments, jointifs en L et actuellement connus sous l’appellation d’hôtel du Croissant.

2-

Un bloc primitif barlong, formant initialement un volume de plain-pied montant sous charpente, est identifiable dans les élévations, sur le côté nord de la cour intérieure de l’édifice. L’absence d’éléments de confort, l’extrême rareté des ouvertures préservées comme le traitement relativement fruste de la construction, édifiée aux environs du XIVe s. (bloc 1 – phase I-a), rendent possible l’hypothèse d’un bâtiment à vocation utilitaire.

Néanmoins, l’état de conservation des maçonneries fausse peut-être le jugement, si bien que l’on ne peut exclure l’éventualité d’une desti- nation résidentielle, à l’image des petites salles seigneuriales rurales qui occupaient bon nombre de manoirs de l’Ouest aux XIIIe et XIVe s. Il est, par ailleurs, difficile de savoir si ce premier volume de plain-pied était accompagné dès l’origine d’un second bloc, plus ramassé et jointif à son extrémité orientale (bloc 2 – phase I-b ou II-a ?). Cette seconde entité est conservée de façon trop résiduelle pour permettre d’en saisir aisément la chronologie et la fonction. Sa présence serait, en revanche, plutôt l’indice de la constitution d’un logis primitif (ou

« bâtiment principal ») avec l’association éventuelle d’une salle de plain-pied et d’un bloc privatif étagé, mais cette hypothèse n’a pu être démontrée sur le terrain.

3-

Au cours des XIVe - XVe s., un bâtiment annexe à vocation utilitaire et/ou agricole est implanté sur le côté occidental de la cour (phase II-a). Simultanément ou postérieurement, les blocs 1 et 2 ont été largement remaniés. Le volume de plain-pied montant sous charpente (bloc 1) a été surélevé afin de recevoir deux étages dont la fonction résidentielle paraît acquise.

4-

L’état architectural le plus marquant et le plus compréhensible est celui de la constitution, dans le deuxième tiers du XVIe s., d’un véritable hôtel urbain (blocs 1 et 2 – phase III). Cet hôtel ou manoir, représentatif d’une certaine élite urbaine (bourgeoise ou noble), est marqué par une lourde reconstruction du bloc 2 et par l’ajout d’une tour d’escalier, des plus monumentales, sur la façade principale sud donnant sur la cour. Le choix d’un escalier rampe-sur-rampe signale une volonté de modernisme influencée par l’architecture de la Renaissance. En ce sens, l’hôtel du Croissant se distingue assez clairement de bon nombre d’hôtels urbains de Bayeux qui possèdent une tour avec un simple escalier en vis. Contre les façades orientale de la tour et méridionale du logis (bloc 2), l’hypothèse d’une galerie en bois, ouverte et étagée, semble crédible. À usage d’agrément, cette structure, uniquement accessible depuis le premier étage du logis, aurait alors eu l’avantage de protéger l’entrée principale de l’hôtel, située au rez-de-chaussée de la tour d’escalier.

5-

Les états architecturaux plus tardifs (époques moderne et contemporaine, phases IV-a à V) sont caractérisés par des reprises moins impor- tantes.

Bayeux, 51, rue Saint-Jean (Hôtel du Croissant). Référence pour citation de l’auteur Gaël Carré, « Bayeux (Calvados). 51, rue Saint-Jean (hôtel du Croissant) », Archéologie médiévale, 45 | 2015, 166-167.

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ADRESSE

51, Rue Saint-Jean - Résidence de l’Hôtel du Croissant - 14400 BAYEUX (Avant-Première)

 

 

 

 

Photos du programme Loi Malraux - BAYEUX (Avant-Première) - 51, Rue Saint-Jean - Résidence de l’Hôtel du Croissant - 14400

 

Informations :

  • TYPE OPERATION

    Malraux
    Monuments Historiques

  • POPULATION14400
  • TYPE DE BIENT1, T3 et T3bis
  • SURFACEde 34.3 m2 à 85.4 m2
  • PRIX FONCIERDe 20 550 € à 85 350 €
  • BUDGET TRAVAUXDe 231 200 € à 386 190 €
  • BUDGETS GLOBAUXDe 251 750 € à 458 290 €

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